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pictoNouvel enjeu pour le Space, vitrine de l'élevage français

09/09/2019

« Faire face au changement climatique et aux épisodes météorologiques extrêmes, concilier alimentation animale et protection de l'Amazonie : Le 33ème Salon international de l'élevage (Space), vitrine de l'élevage français, place le climat au coeur des débats.


Responsables de 14,5% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre selon la FAO, les filières d'élevage "ne peuvent plus faire comme si le climat n'était pas un sujet", reconnaît André Sergent, président de la Chambre d'agriculture de Bretagne, à l'occasion du Salon international de l'élevage, du 10 au 13 septembre.


Vivement critiqué pour sa forte dépendance au soja brésilien, dont la culture industrielle contribue à la déforestation et aux incendies ravageurs en Amazonie, l'élevage doit aussi faire face à une tendance lourde, l'appel à réduire la consommation de viande, levier de lutte contre le réchauffement climatique, encouragé par le GIEC dans un récent rapport.


Lors du G7, Emmanuel Macron a affirmé sa volonté de recréer "une souveraineté protéinique de l'Europe" alors que la France importe chaque année 3,5 millions de tonnes de soja, majoritairement brésiliens.


"L'agriculture émet certes des gaz à effet de serre, mais nous avons aussi une multitude de solutions pour les réduire", insiste M. Sergent, pour qui les experts du GIEC sur le climat "ne considèrent pas que +produire+ est un gros mot".


Le Space présentera ainsi des pratiques "favorables au climat" (diminution des intrants, recherche d'autonomie alimentaire, diversification des cultures) ainsi que des solutions techniques pour limiter la chaleur dans les bâtiments, produire de l'énergie à partir du lisier ou stocker le carbone agricole.


Si les responsables agricoles bretons admettent volontiers que "l'impact de l'élevage sur le climat est encore loin des préoccupations", ils rappellent aussi que la canicule estivale a eu des conséquences "parfois dramatiques" sur les élevages.


Pour mieux gérer l'irrigation des terres agricoles, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, qui inaugurera le salon mardi, a annoncé la mise en place d'une soixantaine de retenues d'eau.

 

- Inquiétude autour du Brexit -

 

Parmi les sujets qui fâchent, Didier Guillaume pourrait être interpellé sur les accords européens de libre-échange, notamment le CETA (UE-Canada), vivement contesté par le monde agricole qui dénonce un coup de poignard dans le dos. A moins de deux mois du Brexit, la perspective d'un "no deal" inquiète particulièrement les filières lait et volaille.


Le 33ème Space accueille à Rennes près de 1.400 exposants dont plus d'un tiers d'étrangers, et vise plus de 100.000 entrées. Parmi les délégations attendues, l'Union russe de l'agriculture biologique, pays où le bio a le vent en poupe, tandis que les exposants venus de Chine, où les effectifs porcins sont décimés par la peste porcine africaine, sont en forte progression.


La ferme du salon abritera plus de 500 bovins, et près de 200 ovins et caprins. Des animaux génotypés seront également proposés aux enchères.


Le salon intervient dans un contexte économique inégal selon les filières.


Si le porc connaît une embellie depuis mars avec un prix au kilo inédit (1,69 euro) tiré par les importations chinoises, les producteurs laitiers sont eux toujours à la recherche d'un prix plus rémunérateur, avec des charges qui repartent à la hausse.


La filière oeufs réussit sa révolution des oeufs "alternatifs" (élevage au sol, en plein air et bio), qui représentent pour la première fois plus de 50% des achats, mais la forte demande en volaille de chair oblige la France à augmenter ses importations.

 

Côté viande bovine, les "prix payés sont médiocres et les perspectives peu encourageantes", selon M. Sergent.


Parmi la centaine de conférences, le Space sera l'occasion de parler de l'amélioration des conditions de travail, du bien-être animal et de "l'agri-bashing", alors que les vidéos choc d'associations de défense des animaux continuent de cristalliser la colère des éleveurs. L'usage des pesticides devrait aussi s'inviter dans les débats.


Deux demi-journées seront enfin consacrées à l'aquaculture, qui connaît une croissance soutenue depuis plus de 15 ans. » 

 

Source : AFP

 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © (2009) Agence France-Presse

Faire face au changement climatique et aux épisodes météorologiques extrêmes, concilier alimentation animale et protection de l'Amazonie : Le 33ème Salon international de l'élevage (Space), vitrine de l'élevage français, place le climat au coeur des débats.

   Responsables de 14,5% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre selon la FAO, les filières d'élevage "ne peuvent plus faire comme si le climat n'était pas un sujet", reconnaît André Sergent, président de la Chambre d'agriculture de Bretagne, à l'occasion du Salon international de l'élevage, du 10 au 13 septembre.

   Vivement critiqué pour sa forte dépendance au soja brésilien, dont la culture industrielle contribue à la déforestation et aux incendies ravageurs en Amazonie, l'élevage doit aussi faire face à une tendance lourde, l'appel à réduire la consommation de viande, levier de lutte contre le réchauffement climatique, encouragé par le GIEC dans un récent rapport.

   Lors du G7, Emmanuel Macron a affirmé sa volonté de recréer "une souveraineté protéinique de l'Europe" alors que la France importe chaque année

3,5 millions de tonnes de soja, majoritairement brésiliens.

   "L'agriculture émet certes des gaz à effet de serre, mais nous avons aussi une multitude de solutions pour les réduire",  insiste M. Sergent, pour qui les experts du GIEC sur le climat "ne considèrent pas que +produire+ est un gros mot".

   Le Space présentera ainsi des pratiques "favorables au climat" (diminution des intrants, recherche d'autonomie alimentaire, diversification des cultures) ainsi que des solutions techniques pour limiter la chaleur dans les bâtiments, produire de l'énergie à partir du lisier ou stocker le carbone agricole.

   Si les responsables agricoles bretons admettent volontiers que "l'impact de l'élevage sur le climat est encore loin des préoccupations", ils rappellent aussi que la canicule estivale a eu des conséquences "parfois dramatiques" sur les élevages.

   Pour mieux gérer l'irrigation des terres agricoles, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, qui inaugurera le salon mardi, a annoncé la mise en place d'une soixantaine de retenues d'eau.

  

   - inquiétude autour du Brexit -

  

   Parmi les sujets qui fâchent, Didier Guillaume pourrait être interpellé sur les accords européens de libre-échange, notamment le CETA (UE-Canada), vivement contesté par le monde agricole qui dénonce un coup de poignard dans le dos. A moins de deux mois du Brexit, la perspective d'un "no deal" inquiète particulièrement les filières lait et volaille. 

   Le 33ème Space accueille à Rennes près de 1.400 exposants dont plus d'un tiers d'étrangers, et vise plus de 100.000 entrées. Parmi les délégations attendues, l'Union russe de l'agriculture biologique, pays où le bio a le vent en poupe, tandis que les exposants venus de Chine, où les effectifs porcins sont décimés par la peste porcine africaine, sont en forte progression.

   La ferme du salon abritera plus de 500 bovins, et près de 200 ovins et caprins. Des animaux génotypés seront également proposés aux enchères.

   Le salon intervient dans un contexte économique inégal selon les filières.

Si le porc connaît une embellie depuis mars avec un prix au kilo inédit (1,69

euro) tiré par les importations chinoises, les producteurs laitiers sont eux toujours à la recherche d'un prix plus rémunérateur, avec des charges qui repartent à la hausse.

   La filière oeufs réussit sa révolution des oeufs "alternatifs" (élevage au sol, en plein air et bio), qui représentent pour la première fois plus de 50% des achats, mais la forte demande en volaille de chair oblige la France à augmenter ses importations. Côté viande bovine, les "prix payés sont médiocres et les perspectives peu encourageantes", selon M. Sergent.

   Parmi la centaine de conférences, le Space sera l'occasion de parler de l'amélioration des conditions de travail, du bien-être animal et de "l'agri-bashing", alors que les vidéos choc d'associations de défense des animaux continuent de cristalliser la colère des éleveurs. L'usage des pesticides devrait aussi s'inviter dans les débats.

   Deux demi-journées seront enfin consacrées à l'aquaculture, qui connaît une croissance soutenue depuis plus de 15 ans.